PASSÉ AU CRIBLE · NOTÉ AU DIXIÈMELIENS AFFILIÉS : COMMISSION POSSIBLE · PRIX IDENTIQUE POUR VOUS
GUIDE PRATIQUE · 27/09/2026

Contrôle de police à moto : ce que l'agent peut vérifier, et vos droits

Un contrôle moto n'est pas un contrôle en voiture : gants, gilet, plaque, silencieux et bridage y passent aussi. Voici ce que l'agent peut vérifier, sur quelle base, et ce que la loi du 18 août 2026 a changé.

Motard casqué tendant ses papiers à un agent lors d'un contrôle routier au coucher du soleil YOUTUBE Le guide complet, en vidéo11:57
AU SOMMAIRE · 8 PARTIES
  1. Contrôle de police à moto : ce qui se passe, dans l'ordre
  2. Les papiers à présenter : permis, carte grise, et plus d'assurance
  3. Casque, gants, gilet : trois équipements, trois tarifs
  4. Pot d'échappement, sonomètre et plaque : ce que l'agent compare vraiment
  5. Contrôle du bridage A2 : ce qui se lit sur la carte grise
  6. Dépistage, rétention du permis, fourrière : ce qui peut tomber sur place
  7. La police peut-elle fouiller votre moto, votre top-case ou votre sac ?
  8. Refus d'obtempérer à moto : la confiscation devient la règle
INFORMATION GÉNÉRALE, PAS UN CONSEIL JURIDIQUE

Cette page décrit l'état des textes au 24 septembre 2026, article par article, pour que le contrôle se passe bien des deux côtés. Elle ne remplace pas l'avis d'un avocat : pour une situation précise (contestation, poursuites, fourrière), adressez-vous à un professionnel du droit. En cas de doute, le texte en vigueur sur Légifrance fait foi.

LE DÉROULÉ

Contrôle de police à moto : ce qui se passe, dans l'ordre

Pendant trente secondes, un contrôle moto ressemble à un contrôle en voiture. Ensuite, l'agent regarde des choses qu'il ne regarde jamais sur une voiture : vos gants, les autocollants de votre casque, votre plaque, votre silencieux, parfois la case de la carte grise qui dit si votre machine est accessible au permis A2. Rien de tout ça n'est arbitraire. Chaque vérification repose sur un article précis, et cette page les donne tous.

Le déroulé d'un contrôle routier à moto

  1. 01
    Le signe de l'agent

    Vous vous arrêtez là où l'agent l'indique, en sécurité, clignotant mis. Moto sur la béquille, moteur coupé : l'échange commence mieux sans le bruit du ralenti. Un ordre d'arrêt donné par un agent muni des insignes de sa qualité s'exécute toujours (article L233-1 du code de la route).

  2. 02
    Le casque et les mains

    Relevez l'écran ou ouvrez la mentonnière pour qu'on vous voie et vous entende. Mains visibles, gestes calmes. Si l'agent vous demande de retirer le casque, pour comparer votre visage à la photo du permis par exemple, faites-le sans discuter.

  3. 03
    Les papiers

    Permis et carte grise, en papier ou dans l'application France Identité, plus la preuve du contrôle technique si votre moto y est soumise. L'assurance se vérifie sans vous, sur le fichier des véhicules assurés.

  4. 04
    Le tour de la moto

    Casque et gants du conducteur et du passager, gilet à bord, plaque, feux, échappement. C'est la partie propre aux motards, et celle qui réserve le plus de mauvaises surprises à ceux qui ne s'y attendent pas.

  5. 05
    Le dépistage éventuel

    Alcool ou stupéfiants, le test peut être demandé sans infraction préalable (articles L234-9 et L235-2). Le refuser coûte autant qu'un résultat positif au-delà de 0,8 g/l.

  6. 06
    La fin du contrôle

    Un avertissement, un avis de contravention, parfois une mesure immédiate : rétention du permis, immobilisation de la moto. Un désaccord se règle ensuite par écrit : l'amende forfaitaire se conteste dans les 45 jours (articles 529-1 et 529-2 du code de procédure pénale).

Policier ou gendarme, la relation est cadrée par le code de la sécurité intérieure : vouvoiement obligatoire (article R434-14), et un agent en uniforme qui porte son identification individuelle, sauf exception liée au service (article R434-15). Un policier municipal peut lui aussi vous arrêter pour une infraction au code de la route et relever votre identité. Si vous refusez ou ne pouvez pas la justifier, il en rend compte sur-le-champ à un officier de police judiciaire (article 78-6 du code de procédure pénale).

Motard casqué tendant ses papiers à un agent lors d'un contrôle routier au coucher du soleil
Papiers tendus, moteur coupé, écran relevé : un contrôle bien engagé dure rarement longtemps.
LES PAPIERS

Les papiers à présenter : permis, carte grise, et plus d'assurance

L'article R233-1 du code de la route fixe la liste. Pour un motard, elle tient en trois lignes : un titre, « numérique ou physique », qui prouve votre droit de conduire ; le certificat d'immatriculation ; le procès-verbal de contrôle technique quand votre moto y est soumise. Le même article vise aussi le gilet haute visibilité, qui a son propre régime plus bas.

Le téléphone suffit, des deux côtés. Le permis enregistré dans l'application France Identité se présente lors de tout contrôle routier depuis le 14 février 2024. La carte grise a suivi fin juin 2025 pour les motos immatriculées au format AA-123-AA : papier ou application, vous montrez l'une ou l'autre version (service-public.fr). Il faut une carte d'identité au format carte bancaire pour activer l'application, et une batterie chargée. Un papier au fond du top-case reste la valeur sûre.

L'assurance a disparu de la liste. Depuis le 1er avril 2024, la carte verte n'existe plus et vous n'avez rien à montrer : l'agent interroge le fichier des véhicules assurés à partir de votre plaque (service-public.fr). Rouler sans assurance reste un délit : 3 750 € d'amende (article L324-2), ou une amende forfaitaire délictuelle de 500 € quand le parquet choisit cette voie. Contrat signé la veille ? Gardez le courriel de l'assureur sous la main, il dissipe un doute en dix secondes.

Pour le contrôle technique, la carte grise fait souvent l'affaire : complétée du timbre ou de la date limite de validité du contrôle, elle vaut preuve. Sans contrôle à jour, c'est 135 €, et l'agent peut retenir la carte grise contre une fiche de circulation valable sept jours (service-public.fr). Notre guide du contrôle technique moto détaille ce qui recale. Un oubli fréquent, enfin : en 125 avec le permis B, l'attestation de la formation de sept heures fait partie des pièces exigées, sauf dispense.

11 €Papiers absents au contrôleContravention de 1re classe (R233-1, III)
5 joursPour les présenter ensuiteQuand l'agent vous y invite
135 €Si rien n'arrive à temps4e classe, sauf gilet et triangle (R233-1, V)
0Papier d'assurance à montrerFichier des véhicules assurés depuis avril 2024

Oublier ses papiers n'a donc rien d'un drame : 11 € pour la non-présentation immédiate. Le vrai risque vient après. L'agent peut vous inviter à présenter les documents dans les cinq jours, et si rien n'est présenté dans ce délai, la contravention passe en quatrième classe, 135 €. Le plus simple reste de ne jamais partir sans : la liste ci-dessous se garde sur votre téléphone.

L'OUTIL DU BANC

Avant de partir : ce que j'ai sur moi et sur la moto

Dix cases, deux minutes. La liste se souvient de vous sur cet appareil : cochez une fois, vérifiez d'un coup d'œil avant chaque sortie.

L'ÉQUIPEMENT

Casque, gants, gilet : trois équipements, trois tarifs

Voilà ce qui n'existe pas en voiture, et ce qu'on perd le plus bêtement. Trois équipements, trois sanctions différentes, que service-public.fr résume dans sa fiche sur les équipements obligatoires à moto, vérifiée le 16 juin 2026.

Ce que l'agent vérifie sur vous
VérificationSanctionBase
Casque homologué, attaché, 4 éléments rétroréfléchissants135 €, 3 points, immobilisation possibleR431-1
Gants certifiés CE, conducteur et passager68 € (45 € minorée), 1 pointR431-1-2
Gilet haute visibilité sur vous ou dans un rangement11 €R416-19 et R233-1
Gilet porté après un arrêt d'urgence135 €, sans retrait de pointsR416-19
Écouteur ou oreillette dans l'oreille135 €, 3 pointsR412-6-1
Chaussures, blouson, pantalonAbsents de la liste officielleservice-public.fr

Montants forfaitaires relevés sur la fiche service-public.fr « Équipements obligatoires pour conduire une moto ». Articles du code de la route.

Porter un casque ne suffit pas. Il doit être attaché : posé sur la tête, jugulaire ouverte, il tombe sous la même sanction. Les quatre éléments rétroréfléchissants (un devant, un derrière, un de chaque côté) font partie de l'obligation, ce qu'oublient ceux qui repeignent ou décorent leur casque. Côté norme, un ECE 22.05 reste utilisable au même titre qu'un 22.06. Pour en choisir un bon, notre classement des casques part des homologations.

Gilet haute visibilité : c'est l'équipement le plus mal compris. Vous n'avez pas à le porter en roulant : il doit être sur vous ou dans un rangement de la moto, et vous devez l'enfiler si vous quittez votre machine immobilisée en urgence. Pas de gilet à bord, 11 €. Pas de gilet sur le dos après une panne au bord de la route, 135 €. Et le rattrapage sous cinq jours ne s'applique pas à lui : l'article R233-1 l'exclut expressément.

Reste ce que vous avez dans les oreilles. Un écouteur ou une oreillette sous le casque, c'est 135 € et 3 points (article R412-6-1). Un intercom dont les haut-parleurs sont logés dans les mousses du casque n'est pas visé : la frontière exacte entre écouteur et intercom tient à un centimètre, et un modèle d'entrée de gamme comme le Cardo Spirit règle la question pour moins de 100 €. Quant aux baskets, aucune chaussure ne figure dans la liste officielle, ce qui ne veut pas dire que n'importe laquelle protège : notre guide des baskets moto fait le tri.

Casque à bandes réfléchissantes, gants de moto et gilet jaune posés sur la selle d'une moto
Casque attaché et réfléchissant, gants CE, gilet à portée de main : les trois contrôles propres au motard.
En moins d'une minute : les tongs, et la norme des casques
Rouler en tongs à moto, c'est vraiment illégal ? #motard
ECE 22.06 : Pourquoi un casque bas de gamme pourrais vous TUER
LE BRUIT

Pot d'échappement, sonomètre et plaque : ce que l'agent compare vraiment

Beaucoup de motards cherchent un chiffre magique en décibels. Il n'y en a pas pour le contrôle à l'arrêt. La valeur qui compte est imprimée sur votre propre carte grise, rubrique U.1 : le niveau sonore à l'arrêt mesuré pour votre modèle. Juste à côté, la rubrique U.2 donne le régime moteur auquel cette mesure a été faite. C'est une référence propre à votre moto, pas une limite unique pour tout le monde.

VOTRE CARTE GRISE U.1 Niveau sonore à l'arrêt En dB(A) : la référence du modèle U.2 Régime moteur de la mesure En tr/min : on mesure à ce régime P.2 Puissance nette maximale En kW : 35 kW au plus en A2 J.1 Genre national MTT1 jusqu'à 35 kW, MTT2 au-delà
Quatre cases de la carte grise disent à l'agent ce que votre moto est censée faire : son bruit de référence, le régime de mesure, sa puissance et sa catégorie.

C'est l'article R318-3 du code de la route qui sanctionne. Il interdit les bruits susceptibles de gêner les usagers ou les riverains, impose un silencieux en bon état « sans possibilité d'interruption par le conducteur », et interdit « toute opération tendant à supprimer ou à réduire l'efficacité du dispositif d'échappement silencieux ». Contravention de quatrième classe, 135 €, immobilisation possible.

Inutile, donc, de sortir le sonomètre à chaque fois. Une chicane retirée, un silencieux vendu pour la piste, une valve d'échappement que l'on ouvre depuis le guidon : tout ça se constate à l'œil, et c'est exactement ce que vise la formule sur l'efficacité du silencieux. Un pot d'origine en bon état ne vous expose à rien.

PRÉCISION : LA MARGE DE 5 dB

La vidéo évoque une marge réglementaire de 5 dB au-dessus de la valeur U.1 lors d'une mesure au sonomètre. Nous n'avons pas retrouvé, parmi les textes consultables en ligne au 24 septembre 2026, celui qui fixe cette tolérance pour les contrôles routiers. Prenez-la comme un ordre de grandeur souvent cité, pas comme un droit : un pot modifié se verbalise de toute façon sans aucune mesure.

Sonomètre sur trépied placé près du silencieux d'une moto à l'arrêt en bord de route
Au sonomètre, la mesure se compare à la valeur U.1 de votre propre carte grise, au régime indiqué en U.2.

Dernier point de ce tour de la moto : la plaque. Une moto peut ne porter qu'une plaque, à l'arrière, fixée de manière inamovible et entretenue pour rester lisible (article R317-8). Rognée, pliée, inclinée au point d'être illisible : contravention de quatrième classe, 135 €, et immobilisation possible. Les feux font partie du même tour de la moto : un éclairage défaillant vaut 68 €, avec immobilisation possible la nuit ou par mauvaise visibilité (service-public.fr).

PERMIS A2

Contrôle du bridage A2 : ce qui se lit sur la carte grise

Avec un permis A2, votre moto doit rester à 35 kW au plus, avec un rapport puissance/poids de 0,2 kW/kg maximum, et cette puissance ne peut pas résulter du bridage d'une machine de plus de 70 kW (article R221-4 du code de la route). Au bord de la route, l'agent lit la carte grise : le genre national MTT1 ou MTT2 en J.1, la puissance en P.2.

Un débridage sauvage ne change pas la carte grise, et c'est tout le piège. S'il est établi, vous conduisez une moto que votre permis ne couvre pas : c'est le délit de conduite sans le permis correspondant à la catégorie du véhicule, un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende (article L221-2), que le parquet peut traiter par une amende forfaitaire délictuelle de 800 €. La moto peut en plus partir en fourrière à titre provisoire (article L325-1-2). Le plus lourd se joue côté assurance, après un accident : notre dossier sur le passage du A2 au A détaille la procédure légale et ce que coûte le raccourci.

Miniature de la vidéo « Débridage moto A2 en A : ce qui est légal et ce qui va vous coûter cher » YOUTUBE Débridage moto A2 en A : ce qui est légal et ce qui va vous coûter cher7:30
La procédure légale pour passer à la pleine puissance, et les risques du débridage non déclaré.
ALCOOL ET STUPÉFIANTS

Dépistage, rétention du permis, fourrière : ce qui peut tomber sur place

Pas besoin d'avoir commis la moindre faute pour souffler. Les officiers et agents de police judiciaire de la police et de la gendarmerie peuvent soumettre n'importe quel conducteur à un dépistage d'alcool, sur instruction du procureur ou de leur propre initiative, même sans infraction ni accident (article L234-9). Même logique pour les stupéfiants (article L235-2).

0,5 g/lSeuil d'alcool dans le sang0,25 mg/l d'air expiré : 135 € et 6 points
0,2 g/lPermis probatoireEt conduite en apprentissage
3 ansDès 0,8 g/l, stupéfiants ou refusEt 9 000 € depuis le 20 août 2026
72 hPour suspendre après rétention120 h si une analyse est attendue

Entre 0,5 et 0,8 g/l, c'est une contravention : 135 € et 6 points, immobilisation possible (service-public.fr). À partir de 0,8 g/l, on bascule dans le délit, et la loi n° 2026-798 du 18 août 2026, dite RIPOST, a durci la note : trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende depuis le 20 août 2026, contre deux ans et 4 500 € auparavant (article L234-1). La conduite après usage de stupéfiants suit la même échelle, et monte à cinq ans et 15 000 € quand alcool et stupéfiants se cumulent (article L235-1).

Refuser le test ne fait rien gagner. Le refus des vérifications d'alcool est puni de trois ans et 9 000 € (article L234-8), celui des vérifications de stupéfiants aussi (article L235-3) : exactement le tarif du délit que vous espériez éviter. Dans ces situations, comme pour un excès de vitesse de 40 km/h ou plus, le permis est retenu sur place (article L224-1). Le préfet dispose alors de 72 heures pour prononcer une suspension, 120 heures quand une analyse est attendue ; sans décision dans ce délai, le permis vous est rendu (article L224-2).

La moto, elle, peut rester sur place. L'immobilisation est prévue pour plusieurs infractions propres au deux-roues, du casque au pot d'échappement en passant par la plaque (articles L325-1 à L325-3, auxquels renvoient R318-3 et R317-8). Pour les délits, un cran au-dessus existe : alcool au seuil délictuel, stupéfiants, excès de 50 km/h ou plus, conduite sans le permis de la catégorie, refus d'obtempérer. Avec l'accord du préfet, donné par tout moyen, les officiers ou agents de police judiciaire peuvent immobiliser la moto ou l'envoyer en fourrière à titre provisoire ; si le procureur n'autorise pas la mesure dans les sept jours, elle vous est restituée (article L325-1-2).

LA FOUILLE

La police peut-elle fouiller votre moto, votre top-case ou votre sac ?

Regarder, oui. Ouvrir, pas sans cadre. Pendant un contrôle routier ordinaire, l'agent peut faire le tour de la moto et regarder ce qui se voit. Pour ouvrir un top-case, des sacoches ou fouiller un sac, il lui faut l'un des cadres prévus par le code de procédure pénale, et ces cadres ne se valent pas.

QUI PEUT OUVRIR LE TOP-CASE ? CONTRÔLE ROUTIER ORDINAIRE Regarder la moto : oui Ouvrir sans cadre légal : non SOUPÇON DE DÉLIT FLAGRANT Visite de la moto possible ART. 78-2-3 CPP RÉQUISITIONS DU PROCUREUR Visite et fouille des bagages ART. 78-2-2 CPP PRÉVENIR UNE ATTEINTE GRAVE Votre accord, sinon le procureur 30 MIN MAX · ART. 78-2-4 CPP
Trois cadres permettent d'aller au-delà du regard. Seul le dernier passe par votre accord.

Le soupçon d'abord : s'il existe des raisons plausibles de soupçonner que vous ou votre passager avez commis un crime ou un délit flagrant, la moto peut être visitée (article 78-2-3). Les réquisitions ensuite : sur instruction écrite du procureur, limitée à 24 heures renouvelables et à des infractions précises, dont le terrorisme, les armes, les vols et les stupéfiants, les agents peuvent visiter les véhicules et fouiller les bagages, en votre présence et le temps strictement nécessaire (article 78-2-2). La prévention enfin : pour prévenir une atteinte grave à la sécurité des personnes et des biens, la visite se fait avec votre accord ; sans lui, la moto peut être immobilisée trente minutes au plus en attendant les instructions du procureur (article 78-2-4).

SI L'ON VOUS DEMANDE VOTRE ACCORD

C'est le signe que l'agent se place dans le cadre de la prévention (article 78-2-4). Vous pouvez refuser, c'est un droit, mais ce refus n'arrête pas forcément la visite : il renvoie la décision au procureur, avec une attente de trente minutes au plus. Dans les deux autres cadres, votre accord n'est pas requis. Une visite sur réquisitions donne lieu à un procès-verbal si quelque chose est découvert ou si vous le demandez (article 78-2-2).

Top-case, sacoches ou sac à dos, gardez la même idée en tête : l'ouverture demande l'un de ces cadres. La palpation de sécurité, elle, n'est pas une fouille. C'est une mesure de sûreté, jamais systématique, destinée à vérifier que vous ne portez pas d'objet dangereux, et pratiquée à l'abri des regards quand les circonstances le permettent (article R434-16 du code de la sécurité intérieure).

Moto de voyage au top-case ouvert en bord de route, le motard casqué à côté d'un agent
Top-case, sacoches, sac à dos : l'agent peut regarder, l'ouverture suppose un cadre légal précis.

Côté identité, un motard est logé à la même enseigne qu'un piéton. Toute personne doit accepter de s'y prêter (article 78-1 du code de procédure pénale), dans les cas prévus par l'article 78-2 : raisons plausibles de soupçonner une infraction, réquisitions du procureur, prévention d'une atteinte à l'ordre public. Vous justifiez de votre identité par tout moyen, et le permis que vous venez de tendre sert souvent à ça. Si c'est impossible, une vérification peut vous retenir quatre heures au plus (article 78-3).

Filmer le contrôle ? En mai 2021, le Conseil constitutionnel a censuré la disposition de la loi « sécurité globale » qui voulait réprimer la diffusion d'images d'agents (décision n° 2021-817 DC). Ce qui est puni, c'est de révéler ou diffuser des informations permettant d'identifier ou de localiser un agent pour l'exposer à un risque : cinq ans et 75 000 € quand la personne visée est dépositaire de l'autorité publique (article 223-1-1 du code pénal). Si vous filmez, faites-le à distance, sans gêner ni retarder le contrôle, et gardez les images pour un éventuel recours.

Ce que l'agent peut faire, et sur quelle base
L'agent peutÀ quelle conditionBase
Voir permis et carte griseLors de tout contrôle routierR233-1
Contrôler votre identitéSoupçon d'infraction, réquisitions, ordre public78-2 CPP
Vous retenir pour vérifier l'identitéIdentité non justifiée, 4 h au plus78-3 CPP
Pratiquer une palpationSécurité, jamais systématiqueR434-16 CSI
Visiter la motoSoupçon de crime ou délit flagrant78-2-3 CPP
Visiter et fouiller les bagagesRéquisitions écrites du procureur78-2-2 CPP
Visiter pour prévenir un dangerVotre accord, sinon le procureur (30 min)78-2-4 CPP
Vous faire souffler, test salivaireMême sans infraction ni accidentL234-9, L235-2
Retenir votre permisAlcool, stupéfiants, +40 km/h, refus d'obtempérerL224-1
Immobiliser la motoCasque, pot, plaque, feux…L325-1 à L325-3
Fourrière provisoireAccord du préfet, délits gravesL325-1-2

CPP : code de procédure pénale. CSI : code de la sécurité intérieure. Les autres articles sont ceux du code de la route, en vigueur au 24 septembre 2026.

LE REFUS D'OBTEMPÉRER

Refus d'obtempérer à moto : la confiscation devient la règle

Quoi que vous pensiez du contrôle, vous vous arrêtez. Omettre d'obtempérer à une sommation de s'arrêter venue d'un agent « muni des insignes extérieurs et apparents de sa qualité » est un délit : deux ans d'emprisonnement, 15 000 € d'amende, la moitié des points du permis, et une suspension jusqu'à trois ans qui ne peut être ni assortie du sursis, ni limitée à la conduite hors activité professionnelle (article L233-1 du code de la route).

La confiscation obligatoire du véhicule dont le condamné s'est servi pour commettre l'infraction, s'il en est le propriétaire […]. La juridiction peut toutefois ne pas prononcer cette peine, par une décision spécialement motivée.

Article L233-1 du code de la route, III, 5°, en vigueur depuis le 20 août 2026 (loi n° 2026-798 du 18 août 2026)

Depuis le 20 août 2026, la confiscation de la moto n'est donc plus une option laissée au tribunal : c'est le principe, et l'écarter demande une motivation spéciale. Quand le refus expose autrui à un risque de mort ou de blessures graves, la peine monte à cinq ans et 75 000 €, et à sept ans et 100 000 € quand ce sont les agents eux-mêmes qui sont exposés (article L233-1-1). Sur une moto, où l'on peut être tenté de filer entre les voitures, c'est le pire calcul possible : vous jouez votre machine, votre permis et votre casier contre un contrôle qui se serait conclu en quelques minutes.

S'arrêter, répondre, contester après : le bon réflexe tient en trois temps. Sur place, vous présentez ce qu'on vous demande et vous notez ce qui vous semble anormal (l'heure, le lieu, l'identification de l'agent). L'amende forfaitaire se conteste ensuite par écrit, dans les 45 jours. Le reste, c'est une préparation de deux minutes : papiers au même endroit, gilet dans le top-case, casque et gants conformes, rien dans les oreilles. Côté conduite, la circulation inter-files a ses propres règles chiffrées, 50 km/h au plus et 30 km/h quand une file est à l'arrêt, et ce qui change pour les motards en 2027 mérite déjà un coup d'œil.

L'OUTIL DU BANC

Vrai ou faux : connaissez-vous vos droits au contrôle ?

Neuf affirmations entendues au bord de la route. Chaque réponse est expliquée, article à l'appui.

Deux Shorts pour la route
Couleur des Motos de Gendarmerie : La Vraie Histoire que Personne ne Connaît
Inter-files : le piège des 30 km/h
LE RÉFLEXE EN UNE PHRASE

Arrêtez-vous toujours, moteur coupé, papiers prêts, et gardez vos objections pour après : un contrôle se conteste par écrit, un refus d'obtempérer se paie désormais avec la moto.

LES SOURCES DE CET ARTICLE

Code de la route (R233-1, R233-3, L233-1, L233-1-1, R318-3, R317-8, R221-4, L221-2, L224-1, L224-2, L234-1 à L234-9, L235-1 à L235-3, L324-2, L325-1-2) et code de procédure pénale (78-1 à 78-6, 529-1, 529-2) dans leurs versions en vigueur au 24 septembre 2026 sur Légifrance, loi n° 2026-798 du 18 août 2026, code de la sécurité intérieure (R434-14 à R434-16), article 223-1-1 du code pénal, décision n° 2021-817 DC du Conseil constitutionnel, arrêté du 26 mai 2004 sur les rubriques de la carte grise, et fiches service-public.fr sur les documents au contrôle, les équipements obligatoires à moto, le contrôle technique des deux-roues et l'alcool au volant.

Pour réviser le reste des règles, le quiz du code moto pose les questions que la moitié des motards ratent. Et si vous avez un doute sur le calendrier de votre moto, le guide du contrôle technique vous dit quand elle passe.

ON VOUS RÉPOND

Questions fréquentes

Quels papiers présenter lors d'un contrôle de police à moto ?

Votre permis de conduire, en carte ou dans l'application France Identité, le certificat d'immatriculation, en papier ou en numérique pour les plaques au format AA-123-AA, et la preuve du contrôle technique si votre moto y est soumise : la carte grise complétée du timbre ou de la date de validité suffit. En 125 avec le permis B, ajoutez l'attestation de formation de sept heures, sauf dispense. Base : article R233-1 du code de la route.

La carte verte d'assurance est-elle encore obligatoire à moto ?

Non. Depuis le 1er avril 2024, la carte verte a disparu et vous n'avez plus de papier d'assurance à présenter lors d'un contrôle. Les forces de l'ordre consultent le fichier des véhicules assurés à partir de votre plaque d'immatriculation. Rouler sans assurance reste en revanche un délit, puni de 3 750 € d'amende par l'article L324-2 du code de la route.

Que risque-t-on si on n'a pas ses papiers sur soi ?

11 € pour la non-présentation immédiate, contravention de première classe. L'agent peut vous inviter à présenter les documents dans les cinq jours ; si vous ne le faites pas, l'amende passe à 135 €, contravention de quatrième classe. Le gilet haute visibilité et le triangle échappent à ce délai de rattrapage. Base : article R233-1 du code de la route, III et V.

La police peut-elle fouiller mon top-case sans mon accord ?

Oui, dans certains cadres. Votre accord n'est pas requis en cas de soupçon d'un crime ou délit flagrant (article 78-2-3 du code de procédure pénale), ni sur réquisitions écrites du procureur (article 78-2-2). Il est demandé quand la visite vise à prévenir une atteinte grave à la sécurité (article 78-2-4) : sans lui, l'agent peut attendre trente minutes au plus les instructions du procureur.

Peut-on refuser un éthylotest ou un test salivaire à moto ?

Le refus est un délit, puni depuis le 20 août 2026 de trois ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, pour l'alcool (article L234-8) comme pour les stupéfiants (article L235-3). C'est la peine encourue pour une conduite à 0,8 g/l ou plus, ou après usage de stupéfiants. Le dépistage peut être demandé sans infraction ni accident préalable (articles L234-9 et L235-2).

A-t-on le droit de filmer un contrôle de police ?

Filmer un contrôle sur la voie publique est possible, à condition de ne pas gêner l'intervention. La disposition de la loi « sécurité globale » qui voulait réprimer la diffusion d'images d'agents a été censurée par le Conseil constitutionnel en mai 2021. Est puni, en revanche, le fait de diffuser des informations permettant d'identifier ou de localiser un agent pour l'exposer à un risque (article 223-1-1 du code pénal).

Faut-il enlever son casque lors d'un contrôle ?

Dès l'arrêt, coupez le moteur et relevez l'écran ou ouvrez la mentonnière : l'agent doit pouvoir vous parler et voir votre visage. S'il vous demande de retirer le casque, pour comparer votre visage à la photo du permis par exemple, faites-le calmement, mains visibles. Gardez-le à portée ensuite : un casque homologué et attaché fait justement partie de ce qui est vérifié (article R431-1).

Que risque-t-on pour un refus d'obtempérer à moto en 2026 ?

Deux ans d'emprisonnement, 15 000 € d'amende, six points et jusqu'à trois ans de suspension sans aménagement professionnel (article L233-1 du code de la route). Depuis le 20 août 2026 et la loi RIPOST, la confiscation de la moto est obligatoire sauf décision spécialement motivée du juge. Si le refus met autrui en danger, la peine monte à cinq ans et 75 000 €, et à sept ans et 100 000 € si les agents sont exposés.

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