AU SOMMAIRE · 9 PARTIES
- Chaussures moto homologuées : ce que garantit la norme EN 13634
- Norme EN 13634 : lire les quatre chiffres, niveau 1 ou niveau 2
- Zones de protection : la malléole avant tout
- Renfort sélecteur et semelle anti-torsion : ce qui s'use, ce qui casse
- Baskets moto été ou imperméables : déperlant ne veut pas dire étanche
- Baskets moto ou bottes : le bon choix selon votre usage
- Chaussures moto obligatoires ? Ce que dit vraiment le code de la route
- Examen du permis moto : quelles chaussures sont exigées
- La check-list avant d'acheter vos baskets moto
Chaussures moto homologuées : ce que garantit la norme EN 13634
Entre une sneaker de ville et une basket moto, la différence ne se voit presque pas. Même silhouette, parfois la même semelle blanche, des prix voisins. Ce qui les sépare tient sur une petite étiquette : la référence EN 13634, la norme européenne des chaussures de protection pour motocyclistes. Pas celle des gants (EN 13594), pas celle des blousons (EN 17092). Une norme à part, avec ses propres essais.
Publiée en décembre 2017, la version en vigueur s'écrit EN 13634:2017. Une chaussure qui la revendique est un équipement de protection individuelle de catégorie II au sens du règlement européen 2016/425 : un laboratoire notifié l'a examinée, le fabricant ne s'est pas contenté de la déclarer conforme. Quatre essais donnent les chiffres du marquage : hauteur de tige, résistance à l'abrasion, résistance à la coupure et rigidité transversale, c'est-à-dire la résistance à l'écrasement latéral. D'autres passent en coulisse, sans chiffre : tenue du collage de la semelle, usure de la doublure, innocuité des matériaux.
Premier réflexe, donc : chercher cette référence avant de regarder le reste. Sur la sélection de 75 références passée en revue pour la vidéo, une petite dizaine ne l'affichait pas. Des chaussures d'inspiration moto, vendues au rayon moto, parfois avec un renfort sélecteur, mais sans aucun essai de protection derrière. « Style biker », « renforcée », « spéciale deux-roues » : aucune de ces mentions ne vaut quelque chose sans le numéro de norme à côté.
Sur les fiches produit, vous lirez souvent « CE cat. II ». C'est la catégorie d'équipement de protection, la même pour toutes les chaussures moto certifiées, de la plus basique à la plus protectrice. Elle ne dit rien du niveau atteint. Le niveau se lit dans les quatre chiffres du marquage, et nulle part ailleurs.
Norme EN 13634 : lire les quatre chiffres, niveau 1 ou niveau 2
L'étiquette est cousue en bas de la face intérieure de la languette, parfois sur la tige. Elle porte le marquage CE, la référence de la norme avec son année, un pictogramme de motard et, à côté, quatre cases chiffrées. Leur ordre ne change jamais : hauteur, abrasion, coupure, rigidité.
| Chiffre | Niveau 1 | Niveau 2 |
|---|---|---|
| 1. Hauteur de tige | Basse : basket, bottine | Haute : botte, sur le tibia |
| 2. Abrasion (bande abrasive à 8 m/s) | Tient 5 s | Tient 12 s |
| 3. Coupure (lame lâchée à 2,8 m/s) | Enfoncée de 25 mm au plus | Enfoncée de 15 mm au plus |
| 4. Rigidité transversale (écrasement latéral) | 1 kN au moins | 1,5 kN au moins |
Seuils publiés par TCX et Dainese pour la norme EN 13634:2017. Les étiquettes plus anciennes n'affichent que trois chiffres : la hauteur n'y figurait pas.
Le premier chiffre trie les chaussures en deux familles. Niveau 1 : tige basse, soit les baskets, les bottines et les chaussures urbaines. Niveau 2 : tige haute, les bottes qui montent sur le tibia. Même au niveau 1, la norme fixe une hauteur de tige minimale qui augmente avec la pointure, autour de 12 cm pour un 43. D'où la silhouette montante de presque toutes les baskets moto certifiées : une chaussure qui s'arrête sous la malléole ne coche pas cette case.
Les trois chiffres suivants font la protection, et c'est là qu'une basket peut marquer des points. La TCX Street 3, l'une des baskets moto les plus répandues, est marquée 1 2 2 1 : tige basse, forcément, mais abrasion et coupure au niveau renforcé. Des chaussures basses atteignent même 1 2 2 2, le plafond de leur catégorie. Au-delà, il faut changer de famille.
La vidéo présente la norme avec deux niveaux globaux, « comme pour les gants », et affirme que le niveau 2 est quasi introuvable sur une basket. Depuis la version 2017, il n'y a pas de niveau global : chaque essai a le sien. Une basket reste à 1 sur la hauteur par construction, mais elle peut obtenir 2 en abrasion, en coupure ou en rigidité, comme la TCX Street 3 (1 2 2 1). Ce qui est exact, c'est que le 2 2 2 2 complet est réservé aux bottes. Autre nuance : la vidéo range la torsion parmi les exigences de la norme. Son quatrième essai mesure l'écrasement latéral de la chaussure ; l'anti-torsion est une mention de fabricant.
Des lettres peuvent suivre les quatre chiffres. Elles sont facultatives, et c'est ce qui les rend précieuses : le fabricant ne les obtient qu'en payant des essais supplémentaires. IPA signale une protection de cheville testée à l'impact, IPS la même chose pour le tibia, ce qui la réserve de fait aux bottes. WR certifie la résistance à l'eau selon l'essai de la norme. FO concerne la tenue de la semelle aux hydrocarbures, et les codes SRA, SRB ou SRC son adhérence.
LES PROTECTIONSZones de protection : la malléole avant tout
Matériaux et structure : voilà ce que la norme valide. Elle ne dit pas où se trouvent les coques. Deux baskets marquées 1 2 2 1 peuvent protéger des zones très différentes, et c'est sur ce point que les écarts sont les plus grands d'un modèle à l'autre. Les fiches sérieuses listent les zones renforcées noir sur blanc : « malléoles, orteils et sélecteur », ou juste « talon ». Ce n'est pas un détail de catalogue.
- La malléole
L'os saillant de chaque côté de la cheville. Il est à fleur de peau, sans muscle pour amortir, et une fracture à cet endroit immobilise pendant des semaines. Exigez une protection des deux côtés : l'intérieur frotte contre la moto, l'extérieur contre le bitume.
- Le talon
Un contrefort rigide tient l'arrière du pied et encaisse les chocs à la réception. C'est aussi lui qui empêche le talon de se tordre à l'intérieur de la chaussure.
- Les orteils
Renforcé, l'embout protège de l'écrasement et des chocs de face. Invisible sur une basket, il se sent à la pression du pouce, en magasin.
- Le sélecteur
Dessus du pied gauche : c'est lui qui soulève le levier à chaque rapport. Il use la chaussure autant qu'il fatigue le pied, d'où un renfort dédié.
- La cheville
Une tige plus haute, qui enveloppe l'articulation. Plus elle monte, mieux elle tient, et moins la basket se porte comme une sneaker.
Côté matériaux, certaines marques utilisent des inserts D3O : une matière souple au repos qui se rigidifie au moment du choc. Elle permet d'avoir une coque de malléole sans transformer la chaussure en bloc de plastique. Mais seule la lettre IPA garantit qu'une protection de cheville a été testée à l'impact selon la norme. Sans elle, la coque existe, et ses performances reposent sur la parole du fabricant.
Notre ligne est simple : pas de malléoles protégées, pas d'achat. Une basket qui ne renforce que le talon et les orteils laisse à nu la zone la plus fragile du pied, et c'est celle que vous regretterez.
SÉLECTEUR ET SEMELLERenfort sélecteur et semelle anti-torsion : ce qui s'use, ce qui casse
Rouler en baskets de ville laisse une signature. Au bout de quelques semaines, le dessus de la chaussure gauche est marqué, éraflé, parfois percé : c'est le levier de vitesses qui frotte à chaque montée de rapport. Le renfort sélecteur est une pièce cousue ou collée à cet endroit précis, en caoutchouc ou en cuir doublé. Il protège la chaussure de l'usure, et votre pied de la pression répétée.

Il équipe la grande majorité des baskets moto. Pas toutes. Regardez la photo du profil gauche avant de commander : sans renfort, une paire à 130 € porte la marque du sélecteur en un mois. Sur un scooter ou une moto à boîte automatique, ce critère ne compte plus.
La semelle se juge sur deux plans. Antidérapante, c'est le minimum : elle tient au posé de pied, sur une chaussée mouillée ou la dalle grasse d'une station-service. Anti-torsion, c'est autre chose : un renfort intégré à la semelle et au contrefort empêche le pied de se vriller. Or c'est la torsion qui casse une cheville quand le pied reste coincé sous la moto.
Ne confondez pas cette mention avec le marquage : l'anti-torsion est une promesse du fabricant, pas un chiffre de la norme, dont le quatrième essai porte sur l'écrasement latéral. Le contrôle le plus simple se fait en magasin. Une main sur le talon, l'autre sur la pointe, essayez de tordre la chaussure comme on essore un torchon. Si elle se vrille sans résistance, elle ne tiendra pas votre pied non plus. Pour rouler tous les jours, prenez une semelle qui résiste.
ÉTÉ OU PLUIEBaskets moto été ou imperméables : déperlant ne veut pas dire étanche
Une basket qui prend l'eau, c'est une journée entière les pieds trempés. Elle ne sèche pas en roulant, le vent refroidit le tissu mouillé, et les chaussettes restent humides jusqu'au soir. Sur les fiches produit, trois mots reviennent, et ils ne promettent pas du tout la même chose.
- Déperlante
Un traitement de surface fait perler les gouttes. Ça tient une averse de trois minutes entre deux feux, pas une heure d'autoroute sous la pluie.
- Imperméable
Entre l'extérieur et la doublure, une membrane bloque l'eau et laisse sortir la vapeur. Gore-Tex fait référence ; les marques ont aussi leurs membranes maison, Drystar chez Alpinestars ou T-Dry chez TCX. Comptez un surcoût.
- Ventilée, dite été
Mesh ou perforations, aucune membrane. Parfaite en juillet, catastrophique en novembre. Ce n'est pas un défaut, c'est un choix de saison.
Le marquage aide encore ici : la lettre WR atteste que la chaussure a passé l'essai de résistance à l'eau de la norme. Une fiche qui écrit « waterproof » sans WR sur l'étiquette vous demande de faire confiance à la membrane. C'est souvent justifié avec du Gore-Tex, beaucoup moins avec une membrane sans nom.

Saison et pointure vont ensemble. Une basket moto taille souvent différemment d'une sneaker, à cause des renforts internes et de la membrane. Entre deux pointures, prenez la plus grande : l'hiver, vous porterez des chaussettes plus épaisses. Essayez en fin de journée, quand le pied a gonflé, et vérifiez que la pointe gauche se glisse sous le sélecteur sans lever tout le pied. Si vous roulez toute l'année, deux paires valent mieux qu'un compromis moyen : une ventilée pour l'été, une étanche pour le reste.
Sous la pluie, les pieds ne sont pas seuls en cause : une visière qui s'embue gêne bien plus qu'une chaussette mouillée, et un Pinlock bien posé règle le problème de buée pour quelques dizaines d'euros.
BASKETS OU BOTTESBaskets moto ou bottes : le bon choix selon votre usage

| Baskets | Bottines | Bottes | |
|---|---|---|---|
| Hauteur au marquage | 1 | 1, parfois 2 | 2 |
| Meilleur marquage possible | 1 2 2 2 | Selon la tige | 2 2 2 2 |
| Tibia protégé | Non | Non | Oui (option IPS) |
| Marche à pied | Comme une sneaker | Correcte | Pénible |
| Usage type | Ville, trajets courts | Route au quotidien | Route rapide, voyage |
Le premier chiffre du marquage dépend de la hauteur de tige : une bottine courte reste au niveau 1, comme une basket.
Pas une botte au rabais : la basket moto est un compromis assumé. Vous la gardez aux pieds au bureau, vous marchez avec toute la journée, vous l'enfilez en dix secondes. En échange, elle ne protège pas le tibia, et sa tige basse tient moins la cheville en cas de torsion. Ne cherchez pas la basket qui protégerait comme une botte. Elle n'existe pas, et le premier chiffre du marquage est là pour vous le rappeler.
Pour trancher, regardez la vitesse et la distance. En ville, dans les bouchons, sur le trajet domicile-travail, une basket homologuée fait très bien le travail. Sur départementale à bon rythme, sur autoroute ou en voyage chargé, une botte haute garde le tibia et la cheville dans une coque, précisément là où une chute à vitesse élevée frappe fort. Beaucoup de motards finissent avec les deux : baskets en semaine, bottes le week-end.
En ville, une basket certifiée EN 13634, malléoles protégées et renfort sélecteur, vaut mieux qu'une botte laissée au garage parce qu'elle est pénible à porter. La meilleure protection est celle que vous mettez vraiment. Visez un 2 sur au moins deux des trois derniers chiffres. Mais dès que vous roulez vite et loin, passez à la botte : aucune basket ne protège le tibia.

Chaussures moto obligatoires ? Ce que dit vraiment le code de la route
Sur la route, non. Le code de la route impose au conducteur et au passager d'une moto deux équipements portés : le casque homologué et attaché (article R431-1) et, depuis novembre 2016, les gants certifiés CE (article R431-1-2). Un gilet de haute visibilité doit se trouver à bord, et se porter en cas d'arrêt d'urgence. Pas un mot sur les chaussures, ni sur le blouson ou le pantalon.
Les tongs ne sont donc pas interdites en tant que telles. L'article R412-6 oblige toutefois tout conducteur à rester « en état et en position d'exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent ». Si un agent constate qu'une tong glisse du repose-pied ou gêne le freinage, il peut verbaliser : contravention de deuxième classe, 35 €, sans retrait de point. C'est la gêne qui est sanctionnée, pas la tenue. Même logique que pour l'audio, où ce qui est légal dans le casque et ce qui coûte 135 € ne tient pas toujours à ce qu'on croit, et pour ce qu'un contrôle routier peut vérifier sur vous et sur la moto.



Attention au raccourci du Short sur les tongs, qui affirme qu'on ne risque aucune amende : la tenue seule n'est pas une infraction, mais la conduite gênée en est une. Quant au vrai prix d'une chute en tongs, il ne figure dans aucun barème : entre la peau et le bitume, il n'y a rien.
LE PERMISExamen du permis moto : quelles chaussures sont exigées
À l'examen, la règle change du tout au tout. L'arrêté du 23 avril 2012, qui fixe les modalités pratiques de l'examen des permis A1, A2 et A, liste l'équipement obligatoire pendant les épreuves du plateau et de la circulation. Les chaussures y figurent.
Le port d'un casque de type homologué [...], de gants homologués [...], d'un blouson ou d'une veste manches longues [...], d'un pantalon ou d'une combinaison et de bottes ou de chaussures montantes, est obligatoire lors des épreuves hors et en circulation (les bottes en caoutchouc et les coupe-vents ne sont pas autorisés).
Arrêté du 23 avril 2012, article 1er, version en vigueur depuis le 1er novembre 2025 (Légifrance)
Deux détails comptent. Le texte n'exige aucune homologation pour les chaussures : contrairement à ce qu'affirment plusieurs guides en ligne, la norme EN 13634 n'est pas obligatoire à l'examen. Il exige en revanche des chaussures montantes. Une basket moto qui couvre la cheville correspond à la lettre du texte ; une basket basse, même certifiée, prend le risque d'être refusée par l'inspecteur. Sans l'équipement complet présenté avant le début des épreuves, l'examen n'a tout simplement pas lieu.
Dans le doute, demandez à votre moto-école, qui connaît les habitudes des inspecteurs de votre centre. Le reste de l'épreuve, du plateau à la circulation raccourcie, est détaillé dans notre point sur la réforme du permis moto. Et les équipements homologués font partie des thèmes du code moto : le quiz du code vous dira si vous êtes au point.
AVANT DE PAYERLa check-list avant d'acheter vos baskets moto
Dans la liste ci-dessous, les vérifications qui éliminent le plus de modèles viennent en premier. Cochez-les en parcourant les fiches : la liste reste enregistrée sur votre téléphone, vous pouvez y revenir entre deux comparaisons.
Pour comparer vite, la sélection de baskets moto de notre partenaire PackMoto se filtre par homologation, par protection et par étanchéité, de moins de 100 € à près de 200 €. C'est le moyen le plus rapide de passer ces critères au crible sans ouvrir vingt fiches.
Si vous vous équipez de zéro, notre guide de l'équipement moto pas cher montre où économiser sans rogner sur la protection. C'est d'ailleurs la toute première des cinq erreurs du motard débutant : l'équipement acheté « pour tester ». Même réflexe pour le casque, dont l'étiquette cousue sur la jugulaire dit s'il est homologué ECE 22.06 : le classement des casques du banc signale les modèles restés à l'ancienne norme.



