Honda CB750 : l'histoire de la moto qui a changé le monde
Octobre 1968, Tokyo : quatre cylindres, un frein à disque, un démarreur électrique. Ce jour-là, l'industrie britannique est morte sans le savoir.
Octobre 1968. Tokyo. Sur un podium éclairé, une moto tourne lentement devant des centaines de journalistes hagards. Elle a quatre cylindres en ligne. Un frein à disque à l'avant. Un démarreur électrique. Personne au monde n'a jamais vu ça sur une moto de grande série. Ce jour-là, l'industrie moto britannique vient de mourir. Elle ne le sait pas encore.
LE MONDE D'AVANTQuand les Britanniques régnaient (et fuyaient de l'huile)
Fin des années 60, la moto est dominée par Triumph, Norton, BSA et Royal Enfield. Cinquante ans de règne, des machines avec du caractère, deux cylindres, belle mécanique. Et quelques défauts devenus folklore : elles fuient de l'huile, elles vibrent comme des marteaux-piqueurs, et l'électricité Lucas est une blague dans tout le milieu.

En face, les Japonais font rire tout le monde. Honda fabrique des petites cylindrées économiques : la C100 Cub, lancée en 1958, est en train de devenir la moto la plus vendue de tous les temps, mais côté gros cubes, rien. La plus grosse Honda du catalogue en 1968 est la CB450 « Black Bomber ». Personne ne prend Honda au sérieux dans le haut de gamme. Sauf que Honda a un plan.
PROJECT 300Six mois pour inventer une moto qui n'existe pas
Tout démarre par une phrase, à Daytona : Bob Hansen, manager de l'équipe de course, souffle à Soichiro Honda que la marque devrait construire une machine de série à 4 cylindres, comme ses motos de Grand Prix. Soichiro pense au marché américain à conquérir, aux Britanniques qui dominent, à la revanche technologique du Japon d'après-guerre. Février 1968 : le Project 300 est lancé, mené par l'ingénieur Yoshiro Harada et le styliste Einosuke Miyachi. Six mois pour créer l'impossible, avec un cahier des charges radical : quatre cylindres en ligne, un cadre qui tient la route, un frein à disque, un démarreur électrique, et la fiabilité Honda.
La première « superbike » de l'histoire
La CB750 Four arrive en 1969 à un prix que les Britanniques ne peuvent pas suivre, avec des équipements qu'ils n'ont même pas au catalogue. La presse invente un mot pour elle : superbike. Les 61 chevaux du quatre-cylindres, le disque avant et le démarreur électrique deviennent du jour au lendemain le nouveau standard mondial. Triumph, Norton et BSA, incapables de répondre, s'effondrent dans la décennie qui suit.


Il y a une suite à cette histoire, et elle est japonaise : pendant que Honda triomphe, un concurrent de Kobe démonte une CB750 vis par vis dans le plus grand secret. La réponse s'appellera Z1, et c'est l'histoire de la Kawasaki qui a renversé le roi.
Cette page résume notre documentaire : images d'époque, archives et récit complet de la naissance de la CB750, à voir sur la chaîne. Le bouton est juste au-dessus.
Questions fréquentes
Pourquoi la Honda CB750 est-elle si importante ?
Parce qu'elle a démocratisé d'un coup le 4 cylindres en ligne, le frein à disque et le démarreur électrique sur une moto de grande série, en 1969. La presse a inventé le mot « superbike » pour elle, et son architecture est devenue le standard mondial pendant des décennies.
Qu'est-ce que le Project 300 de Honda ?
Le nom de code du développement de la CB750, lancé en février 1968 sous la direction de l'ingénieur Yoshiro Harada, avec un objectif : créer en quelques mois une 4 cylindres de série fiable, freinée par disque, à démarreur électrique. Un cahier des charges qu'aucun constructeur n'avait jamais tenu.
La CB750 a-t-elle vraiment tué l'industrie moto britannique ?
Elle a précipité sa chute : Triumph, Norton et BSA dominaient depuis 50 ans avec des twins qui vibraient et fuyaient, à des prix supérieurs. Face à une CB750 plus équipée, plus fiable et moins chère, ils n'ont jamais pu répondre et se sont effondrés dans les années 70.
Quelle moto a détrôné la CB750 ?
La Kawasaki Z1 903 cc en 1972 : développée en secret après le choc de Tokyo 1968, plus grosse, plus puissante (82 ch) et double arbre à cames. Son histoire complète est dans notre documentaire dédié.
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